L'opposition politique n'existe plus en Kirghizie

24/03/2005 12:06 MOSCOU, 24 mars - RIA Novosti. Ce qui se passe dans le sud de la Kirghizie, ce n'est pas une tentative de révolution démocratique, c'est une guerre civile. Et ce ne sont pas du tout des désaccords politiques qui sont à l'origine de la fracture locale. Les véritables motifs des actions peuvent être régionalistes, sociaux ou nationalistes. Par ailleurs, les adversaires du pouvoir n'ont pas de programme politique. Ici l'opposition a cessé d'exister. Son activité a été le détonateur des désordres, mais pas leur teneur sémantique, écrivent les Izvestia.

Les leaders d'hier de l'opposition se sont retrouvés devant un choix cruel: soit prendre la tête de l'émeute, lancer des cocktails Molotov et jeter des pierres, soit disparaître. Le premier est préférable, le second est inévitable.

L'émeute soulevée dans le sud a placé à l'avant-scène de nouveaux leaders qui ne figuraient pas dans l'opposition traditionnelle. Ce qui se passe ressemble peu à une pression massive sur le pouvoir. Les désordres sont l'oeuvre d'une minorité notoire. Seulement cette minorité est très agressive. Aucun des scénarios "oranges" ne s'est réalisé. L'opposition n'a pas simplement perdu les élections, elle les a perdues avec un écart considérable. Trop important pour pouvoir prétendre à une réitération de la révolution de Kiev. Sa thèse au sujet des "falsifications massives" n'a pas été appuyée par les observateurs de l'OSCE. Un recours à la justice en vue d'une annulation du scrutin est totalement exclu. La voie légale menant au pouvoir est fermée.

C'est le lumpen-révolutionnaire classique qui est descendu dans la rue où il fait usage de méthodes ignorées à Belgrade et à Tbilissi. C'est davantage Moscou de 1993 (affrontement parlement-président) mais dans une forme extrême exagérée.

Réveiller ce genre de passions n'est pas sorcier. Il est bien plus difficile de les maîtriser et de les engager dans un "cours politique". Cependant, les initiateurs de l'émeute n'ont pas fait montre de qualités de meneurs ni proposé de stratégie alternative. Qui plus est, ils ne sont pas capables de contenir leurs "insurgés". Au lieu d'arracher des libertés civiles au pouvoir, la foule rendue furieuse par les vexations et les promesses non tenues arrache des repris de justice des prisons.

Les rebelles ont effectivement adressé un ultimatum. Pas au président, mais à la société civile.